Transports : Les chauffeurs de Keolis-Meyer réclament des toilettes au terminus.

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Bus Keolis-Meyer à Savigny

Uriner dans un Tupperware au fond d’un véhicule de transport en commun, c’est ce qu’est obligée de faire une conductrice de Keolis Meyer, qui aurait préféré avoir une autre solution lorsque l’envie devient trop pressante. « On se retient, et si c’est pas possible, on se débrouille, on fait ça au bord de la route, dans les bois… ».

Comme nombreux de ses collègues, elle dénonce la quasi-absence de sanitaires dédiés au personnel de la société sur les lignes qu’elle exploite.

« Il y a bien des toilettes aux dépôts, ou dans certaines gares comme à Massy, mais c’est très loin de suffire à nos besoins », souligne-t-elle, un conducteur pouvant passer de nombreuses heures au volant de son véhicule avant de retourner au dépôt.

« On nous a fourni une liste d’endroits avec des toilettes, une boulangerie, des cafés, où il y aurait soi-disant des accords pour que nous puissions aller y faire nos besoins, mais ce n’est pas le cas. Dans un café par exemple, on nous refuse l’accès si on ne consomme pas », assène un conducteur excédé.

Ces conditions de travail ayant été constatées par huissier de justice, ont fait réagir la direction de Keolis Meyer qui se dit mobilisée.

Une situation qui amène donc à certaines extrémités, comme s’arrêter pour déféquer dans le bus que l’on conduit, en l’absence de voyageurs. « Je n’avais pas de boîte ni rien, à part des mouchoirs pour m’essuyer, alors j’ai fait à même le sol, puis jeté le tout dans une bouche d’égout », confie cette conductrice, qui doit aussi composer lors des périodes de règles. « Il est déjà arrivé qu’un conducteur indisposé, à qui on avait dit de se retenir et de finir son trajet, fasse ses besoins alors qu’il était au volant »

Tirant lui aussi la sonnette d’alarme, un conducteur n’a souvent d’autre choix que de quitter son bus pour se soulager sans tarder, et ce en tentant d’avoir un maximum de discrétion. « Malgré tout, il m’est déjà arrivé plus d’une fois de commencer à uriner derrière le car et de voir des clients arriver et me voir, c’est plus que gênant, avoue-t-il. Et puis on peut avoir une amende. »

Selon Christophe Le Comte, le secrétaire général de l’Union départementale FO 91, « un chauffeur a déjà été verbalisé pour attentat à la pudeur ».

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